L’Asie du sud-est tributaire de la politique chinoise

Un bac sur le Mékong dans la région de Pakse (Laos)

Un bac sur le Mékong dans la région de Pakse (Laos). (Photo B.B.)

Les aménagements réalisés par les chinois sur le haut Mékong risquent d’avoir des conséquences négatives sur toute l’Asie du sud-est. L’équilibre économique et social de la région est en jeu.

Lors du récent sommet sur le climat qui s’est tenu au siège de l’ONU, à New York, le 22 septembre 2009, le président de la République Populaire de Chine, M.Hu Jintao, s’est engagé- grand seigneur- à « réduire notablement la croissance des émissions de gaz à effet de serre » et à augmenter de 15% la part des énergies renouvelables.

La politique de grands travaux engagés dans son pays comprend, entre autres, l’édification de quatre grands barrages sur la partie chinoise du Mékong. Ces réalisations produiront, à terme, quelques 15500 kilowatts d’électricité sans utiliser d’énergie fossile. Les lacs géants créés par ces ouvrages contraindront à coup sûr une grande partie de la population régionale à trouver refuge ailleurs. Mais c’est en aval du fleuve que les répercussions seront les plus problématiques.

Le Mékong est en effet l’artère nourricière de toute l’Asie du sud-est. Il est, depuis la nuit des temps, le principal pourvoyeur d’eau des populations du Laos, du Cambodge, du Vietnam et, à un degré moindre, de la Thaïlande, et un facteur déterminant pour l’irrigation, la pêche et les transports dans cette région. Or, la rétention d’eau provoquée par les barrages, côté chinois, risque de réduire le débit du fleuve de l’autre côté et entrainer des problèmes économiques locaux. Ainsi,  le lac Tonle Sap , au Cambodge, qui est le réservoir à poissons du centre du pays, verra sans doute son niveau baisser significativement et devenir moins productif. Au Laos, le terrain de jeu des dauphins d’eau douce, très prisés des touristes, se réduira considérablement. Mais c’est dans la partie vietnamienne du fleuve, le delta, où les rizières s’étendent à perte de vue, que les conséquences seront les plus graves. La baisse du niveau d’eau douce, conjuguée à la montée des eaux marines, rendra ces terres incultivables avec un risque majeur de pénurie de riz.

Le grand maître de l’Asie, M.Hu Jintao, vient de faire un petit geste pour la planète en modifiant quelque peu sa stratégie énergétique. Mais il doit prendre conscience de la responsabilité qui est la sienne concernant l’équilibre économique et social de toute l’Asie du sud-est.

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2 commentaires

  1. bouuuuhh les chinois !!! c’est pas nveau qu’ils se préoccupent que de leur gueule
    de plus,les efforts que nous allons faire, nous, occidentaux, les pays émergents ne les feront pas en matière d’écologie

  2. Sauf que là, c’est pas qu’une question d’écologie, mais de se foutre de la gueule du pays voisin.
    Ils vont couper les richesses de leurs voisins pour s’enrichir eux mêmes. Tu me diras, en contrôlant les bourses, les pays du nord font la même chose indirectement au pays du Sud.
    Mais là, c’est encore plus violent. Tiens, c’est exactement l’une des raisons qui fait qu’il y a la guerre en Palestine, le contrôle des fleuves par Israël…

    Personnellement, que la Chine se développe au détriment de l’écologie, ça m’en touche une sans chatouiller l’autre… mais qu’ils mettent en jeu la vie de plusieurs millions de personnes qui n’auront plus accès à l’eau et donc à son utilisation (rizière, pèche…) c’est bien plus gênant et grave.

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