Ces généticiens qui jouent à Dieu…

Magnifique spécimen multi-fonctions !
Manipuler les gênes, jouer avec la vie et créer un monde – parfait – composé d’individus « à la carte ». Utopie scientifique ou inquiétante réalité ? Si on en croit les progrès de la science et des biotechnologies en particulier, certains savants ont franchi un cap important. Créer des poulets sans plumes, des chèvres produisant de la soie, des poissons surdimensionnés et bien d’autres « choses » encore. Parallèlement à ça, les biotechnologies sont sujettes à controverses. Face à des pénuries alimentaires ou confronté à la disparition de certaines espèces, devons-nous vraiment parler de dérives ou bien est-ce une forme de salue pour l’Humanité ? Mesurons-nous vraiment les conséquences de ces manipulations ? La réponse réside peut-être dans la cupidité et l’irresponsabilité de certaines multinationales qui, sans réellement étudier le problème dans le fond, ne cherchent qu’à accroitre leur rentabilité… et minimisant leur responsabilité !
Oui, il semble que l’avenir offre de belles perspectives pour ce secteur. Imaginez une entreprise spécialisée dans la création de thon rouge par exemple, dont la demande ne cesse d’exploser. Ce même groupe sera susceptible d’offrir en permanence ce que l’Homme désire. Offre alléchante n’est-ce pas? Vendre son âme au Diable en quelques sortes, ou accepter de vivre dans un monde artificiel. Pour en arriver là, ces entreprises devront d’abord obtenir l’accord de commercialisation de ces bestioles génétiquement modifiées. La société canadienne Aqua Bounty Farm, cherche à vendre ses saumons qui deviennent six fois plus gros en deux fois moins de temps que leurs congénères sauvages. Si ces gentilles bébêtes sont si inoffensives, comme nous le fait croire le vice-président du groupe, pourquoi chercher à les rendre stériles ? De toute façon il s’en fout, puisque des millions d’Américains en consomment déjà sans savoir qu’ils sont des cobayes…
Tantôt placer sur un pied destale, tantôt sur un bûcher, les révolutions scientifiques on toujours fait peur. Ça sentait le roussi pour Galilée, qui a failli finir bruler en ayant transformé notre façon de concevoir le monde. Une minute de silence aussi pour tous ces « hérétiques » qui ont osé donner un point de vu différent et s’élever contre l’Eglise (que son nom ne soi pas sanctifié !). Sans oublier tous ces chercheurs du Moyen-âge, allant contre les lois afin de disséquer des animaux ? On leur doit des découvertes fabuleuses (anatomies…). Mais attention ! Car dans le cas des manipulations génétiques on ne parle pas de « conception du monde » ou de « point de vu » mais bien de « modification du patrimoine génétique de la planète ». Traduction : C’est le monde même qui serait modifié ! Un monde refaçonné par une bande d’illuminés à vocation financière (j’encaisse donc je suis).
Chassez le naturel, il ne reviendra pas au galop…

La chaine alimentaire inversée? Faut pas abuser quand même
Comme on dit « l’Enfer est pavé de bonnes intentions ». Comment améliorer le rendement d’une plante ou d’un animal pour qu’il rapporte plus ? Facile, insérer le bon gène au bon endroit. À quand le gène qui code pour l’EPO pour nos chers cyclistes ? Si l’on réussit à créer des cochons à peau de vache ou des vaches laitières surdimensionnées, d’autres expériences sont un fiasco total. En effet, Les scientifiques ont injecté le gène codant pour l’hormone de croissance humaine dans un porc ! Résultat : un porc énorme, ne tenant même pas sur ses pattes, affuté d’un strabisme aigu… si avec ça ce n’est pas la risée de la ferme le pauvre ! La génétique semble le moyen idéal pour assujettir le vivant. Quant tout sera breveté, faudra surement payer une taxe pour pouvoir mater une vache à trois têtes broutant dans un pré. Avec la génétique, tout (et surtout n’importe quoi) est possible : des poules sans plumes aux moutons sans laine (pour faciliter la tonte)… Certains rêvent même d’animaux donneurs d’organes (!) Mais beaucoup de ces expériences sont des échecs (malformations, rendements décevants, spécimens non viable…).
Dans ce reportage, LA phrase du spécialiste est tombée comme une lame de guillotine sur la gorge du condamné : « Le leitmotiv du génie génétique n’est pas de changer la technologie pour qu’elle s’adapte au vivant, mais bien de changer le vivant pour qu’il s’adapte à la technologie ». Ok, si un jour la Terre est menacée par un astéroïde, j’voudrais bien voir la gueule que j’aurais après m’être adapté.
Une des prouesses génético-manipulatoire (complètement débile dans le fond) a été de supprimer l’instinct maternel des poules dans l’élevage industriel pour qu’elle arrête de couver leurs œufs et donc elles (le vivant) sont mieux adaptées à l’élevage industriel (la technologie). Donc plus productive. Peut-être le même traitement pour l’Homme un jour, quitte à perdre ce qu’il a de plus chère à savoir : son humanité. Au nom du rendement. Amen.
Ces compagnies qui vendraient le désert au marchand de sable !
Le vice-pédégé du groupe Aqua Bounty Farm, Joe McGonigle, est le genre de gars qui nous ferait payer nos propres organes vitaux ! Ils affirment que « pour les poissons, les expériences marchent mieux». Normal qu’il dise ça puisque sa société est sur le point d’obtenir l’autorisation de commercialisation du super saumon transgénique. Le groupe réalise lui même les tests de sécurité (lol) afin d’être en accord avec les normes des marchés visés (Asie notamment). Mais pour Andrew Kimbrell (avocat spécialiste de l’environnement) veille au grain : « Il n’y a pas de coexistence possible entre ces animaux et la Nature (…) Ni les scientifiques indépendants, ni les consommateurs n’ont un droit de regard sur ces expériences ». C’est un peu con vu que c’est ce dernier qui en bouffe !

En liberté, les saumons modifiés (six fois plus gros que les sauvages) possèdent un avantage terrible. Vers des espèces artificielles et une pollution génétique?
Une solution peut-être « Il est très difficile de savoir ce que contient notre assiette. Il est donc de la responsabilité des restaurateurs de savoir ce qu’il se passe dans l’alimentation » et par extension, à la grande distribution d’assurer la traçabilité. Mais bon faut pas rêver non plus ! Comme le dit Andrew Kimbrell d’une logique à faire frémir un entrepreneur qui n’y aurait pas pensé « On ne connaît pas les conséquences de ces poissons sur l’environnement. On ne peut pas les vendre et attendre de voir ce qu’il se passe ! (…) c’est aux gouvernements d’imposer ses regèles (poser ses couilles), au moins sur l’étiquetage pour savoir ce qui se passe, avoir une liberté de choix mais aussi pour la traçabilité pour au moins constater les effets sanitaires des OGM ». Surtout que les entreprises ne souhaitent pas cet étiquetage par peur des répercussions. « Très peu de scientifiques (beaucoup se prostituent auprès de grands groupes) étudient les conséquences de ces poissons modifiés et leur risque sur l’homme en terme de consommation ».
C’est bien beau d’innover à tout va et dans tous les sens, mais qu’en pense la Loi ? C’est simple, rien pour l’instant : « une poignée de scientifiques, d’industriels et d’instances sanitaires décident de ces choix cruciaux… sans légiférer, sans référendum ». Être à demi libre et ne pas avoir son mot à dire sur ce que l’on mange, elle est belle cette Démocratie à deux balles. Heureusement (ou malheureusement) « des contrôles sont menés par une poignés d’irréductibles idéalistes. Mais ne serait ce pas plutôt aux gouvernements et aux instances sanitaires de mener des études plus approfondies avec de plus gros moyens ? On s’intéresse plus aux marchés, aux profits qu’a l’environnement ». Quand tout ne sera plus qu’artificiel, bah tout le monde s’en foutra vu qu’il y aura quand même à bouffer. Qui râle devant une bonne paire de seins plastiqués ou un beau mannequin botoxé ? Pas beaucoup de gens.
Oui, le progrès est un train qui fonce (pourvu qu’il reste sur ses rails) ! Oui, la technologie a (presque) tenue ses promesses. Oui, nous sommes mieux assistés par la science et les machines (quoique). Mais à quel prix ! Disparités socio-économiques, problèmes environnementaux, guerres plus ravageuses… Si toute cette technologie n’était qu’un placebo ? Un écran de fumé qui masque la réalité… un monde en perdition ? Un monde breveté que se partagent quelques abrutis se croyant plus malin. Laissez le naturel où il est, il ne vous en sera que plus reconnaissant.
***
Cet article a été réalisé à partir du reportage en trois parties intitulé « Un monde à vendre : Les monstrueux animaux de la génétique ». Bien ficelé, dommage que le documentaire dérive vers les OGM (bien que sujet indispensable à traiter). Il aurait du se focaliser sur les expériences (ratées, en cours…) sur les AGM (Animaux Génétiquement Modifiés) ces « Frankenstein ». Très bon documentaire tout de même.
http://www.dailymotion.com/video/x7c34w_les-monstrueux-animaux-de-la-geneti_news





