Ma-ter-ni-té ! Ma-ter-ni-té ! Ma-ter-ni-té !

Ségolène Royal cherche le chemin vers 2012. (Photo AFP)
Ségolène royal a pris l’initiative de distribuer aux lycéennes de Poitou-Charente des « chèques-contraception ». Ce nouveau coup de pub ressemble à un combat d’arrière-garde.
Dans la longue course à l’Élysée, les politiques suivent différentes stratégies. Ségolène Royal a choisi de se la jouer perso et se retrouve de plus en plus isolée au sein du Parti Socialiste. Après tout, c’est une stratégie comme une autre et rien ne dit qu’elle n’arrivera pas à ses fins.
Sa technique, on l’a bien compris, est basée sur des coups de pub répétés à intervalles plus ou moins réguliers. Le dernier en date concerne les jeunes filles poitevines à qui Mme Royal fait distribuer des « pass-contraception ». Ces carnets comprennent des chèques donnant droit à des consultations médicales ainsi qu’un ticket contre lequel on leur délivre un moyen de contraception. Elle voudrait ainsi faire baisser le taux d’avortements chez les mineures de sa région en transférant la responsabilité parentale aux infirmières scolaires, qui seront chargées de les distribuer. Cette initiative originale appelle tout de même quelques réflexions.
Tout d’abord, elle risque de faire doublon avec une institution qui existe depuis les années 70 et qui a fait ses preuves: le planning familial. Car la prise en charge, tant psychologique que médicale, de jeunes filles en difficulté, la mise à disposition de moyens contraceptifs, et la prévention en matière sexuelle sont des missions maitrisées par cette organisation.
D’autre part, l’argument majeur de Mme Royal pour faire passer cette mesure concerne le taux d’avortement pour les mineures. Or, si elles sonts enceintes, c’est qu’elles ont eu des rapports non protégés. Comment peut-on, en 2009, alors que le sida n’est toujours pas éradiqué, inventer des mesures sensées s’attaquer aux conséquences (grossesse non voulue) et ne pas favoriser la lutte contre les causes (usage du préservatif)? La logique, pour un personnage politique digne de ce nom, aurait été d’inventer des outils pour renforcer la prévention. Par exemple, généraliser la distribution de préservatifs ou aider les infirmières scolaires pour l’éducation à la Santé des élèves auraient eu plus d’impact qu’un pseudo planning familial supplémentaire.
Au lieu de ça, la présidente de Poitou-Charente continue de se faire mousser avec des mesures spectaculaires. Sans compter que tout ceci n’est pas gratuit et que sa région, comme la majorité des collectivités locales dans une conjoncture baisse des recettes, devrait limiter le gaspillage d’argent public.
Le rôle des hommes et femmes politiques consiste, entre autres, à imaginer des solutions d’avenir pour améliorer les conditions de vie des populations. Le « pass-contraception » de Ségolène Royal ressemble, à l’inverse, à un combat d’arrière-garde. Elle devra être plus inventive si elle veut un jour gagner la course à l’Élysée.





