Twitter et Facebook nous rendent plus productifs
Finie la discrétion nécessaire pour consulter votre profil Facebook au boulot, envolée la peur que votre employeur vous remarque. Vous pourrez fièrement prouver que oui, passer du temps sur les réseaux sociaux est bon pour l’entreprise. Voici votre nouvelle bible…
Vos posts aléatoires sur vos applications Android préférées ou les rumeurs du dernier épisode de Big Bang Theory (très bonne série, en passant!) font chuter l’économie. C’est ce que prétendent les obsédés de l’efficacité, qui semblent passer leur temps à diffuser des sondages fiscaux via Twitter. L’année dernière, l’institut de recherche Nucleus a publié une étude selon laquelle Facebook accaparait 1,5% de la productivité au bureau, et une étude de l’institut Morse a estimé que la consultation des réseaux sociaux au travail coute aux entreprises britanniques quelques 2,2 milliards par an.
Mais pour les experts chargés de transformer des idées en produits -que ce soit des gadgets, du code ou même des articles pour Ninfo Blog), vagabonder sur Internet n’est pas une mauvaise chose, au contraire ! En effet, le fait de régulièrement prendre de la distance par rapport au projet en cours peut être essentiel au succès dudit projet. De plus, les réseaux sociaux sont particulièrement adaptés pour inspirer et canaliser un esprit créatif.
Les études qui accusent les réseaux sociaux de réduire la productivité supposent que le temps passé sur ces sites est du temps définitivement perdu. Mais cette affirmation trahit une ignorance du processus créatif. L’homme ne peut pas maintenant une attention constante sur des tâches désignées. Nous avons besoin de pauses périodiques pour soulager notre esprit de la pression -pression qui peut nous enfermer dans un mode fermé de pensée. Rêvasser à quelque chose pendant un moment peut nous permettre de voir un problème avec des yeux nouveaux, un processus que les chercheurs appellent incubation : « Les gens ont plus de succès si on les force à s’éloigner du problème ou si on les distrait temporairement » soulignent les auteurs de Creativity and the Mind, des références en matière de psychologie et neuroscience de la créativité. Ils ont découvert que les pauses régulières favorisent les résolutions de problèmes de manière significative, en permettant de trier plus facilement les souvenirs de ce projet à la recherche d’indices révélateurs.
Bien sûr, cela ne signifie pas que vous avez le droit de jouer à Farmville toute la journée. Selon Don Ambrose, un professeur de la Rider University qui étudie l’intelligence créative, l’incubation est plus efficace quand elle implique d’exposer l’esprit à des informations inconnues. Cela encourage l’association créative, la fusion de concepts à priori totalement opposés, et c’est une phase clé du processus créatif.
Cela veut dire qu’un tweet ou un statut à propos de la lingerie de Madonna peut aider quelqu’un à débugger une page de code (ou qu’un tweet à propos de ce même code peut aider la styliste de Madonna…). Un fragment d’information quelconque peut déclencher la bonne collision conceptuelle. Il est difficile de savoir quelle information fera l’affaire, mais c’est toute la beauté des réseaux sociaux -ils produisent constamment des mines d’or potentielles, et cela gratuitement! La nature participative de Twitter et Facebook en fait également d’excellents outils pour recharger la créativité. Les utilisateurs cherchent également la bonne tournure de phrase qui captera l’attention et le ferait gagner en notoriété.
Comme l’ont souvent préconisé les entraineurs de football, il faut s’entrainer de la même façon que l’on joue. Twitter et Facebook donne aux employés la chance de faire d’une pause au travail un jeu où la créativité et l’intuition sont récompensées, au moins avec des tapes dans le dos virtuelles. Rédiger un tweet intelligent à propos de votre dernière trouvaille musicale n’a surement pas grand chose à voir avec le projet en cours d’un ingénieur, mais il demande une inspiration bien plus grande que de lire les pages sportives. Et d’ailleurs, un génie n’a-t-il pas dit un jour que l’excellence, qu’elle soit intellectuelle ou physique, était une habitude?





